Le miroir ou la dominance de l’esthétique !
“Nombre de renouvellements techniques ou économiques, dans la 2nde moitié du 20ème siècle ont rendu possible l’observation intime, celle du corps nu, devant un miroir: procédés chimiques inédits pour “argenter” la glace et abaisser son coût, industrialisation du verre, facilitation des transports. Les grands magasins en proposent à la vente par correspondance dès les années 1870.
Ceci permet de décliner et diversifier l’objet: armoires à glace, miroirs hauts, miroirs à double face occupent définitivement les espaces bourgeois, et petits-bourgeois, pénétrant même à la fin du siècle, les logements des modestes épargnants.
Le geste de ce corps “autoregardé” est la promotion d’une silhouette globale autant que verticale, avec ses ondulations anatomiques, celles du “bas” et non plus seulement celles du “haut”.
Surgissent du coup des attentions qui n’existaient pas. Un regard inquiet se porte sur des changements discrets ou, plus encore, sur des parties clairement localisées.”
C’est là tout le problème: la tendance à focaliser sur une partie du corps et non sur son ensemble ! Regardez vous entièrement, votre silhouette et votre allure sont bien plus importantes qu’un petit pli !
Source: Georges VIGARELLO – Les métamorphoses du gros
(encore une excellente lecture !)
